AXE 3 : Echanges, réseaux, ressources

Fragmentation, émiettement, diversité sont autant de qualitatifs généralement utilisés pour caractériser la Grande Caraïbe, à la fois insulaire et continentale. Les inégalités socio-économiques sont accentuées par la mondialisation qui fragilise certains espaces. Cette situation peut également s’appréhender par le prisme géopolitique, toujours prégnant pour comprendre les spécificités du Bassin caraïbe. La mise en réseaux des territoires, par tous types de moyens, révèle ainsi la structuration de cet espace, historiquement marqué par l’extraversion. De nos jours, cette organisation se complexifie pourtant en raison de la volonté affirmée d’une intégration régionale plus poussée. Les orientations de la recherche, potentiellement très diversifiées, s’inscrivent dans la longue durée et concernent les réseaux matériels et immatériels, que ce soit pour les flux de biens, de services, de personnes et d’idées. Il s’agira, dans un premier temps, d’analyser les supports de ces échanges. La configuration spatiale éclatée (accentuée dans le cas des États-archipels), l’insularité, l’exiguïté, le rattachement institutionnel de certains territoires à des États extérieurs, les fortes densités de population, l’extraversion économique, la situation de carrefour entre l’Europe et l’Amérique, sont autant de facteurs qui rendent fondamentale l’étude des systèmes de transport et des mobilités dans la Caraïbe. L’analyse doit concerner à la fois les moyens de transports et les réseaux au sein desquels ils sont mis en oeuvre et qu’ils participent à construire. Le croisement de l’archéologie, de l’histoire maritime et de la géographie des transports fondera l’analyse dans une approche multiscalaire. A l’échelle locale, il s’agira d’éclairer les freins à la mobilité, fruits de l’insularité (enclavement, saturation des réseaux routier), des situations socio-économiques, etc. Dans une perspective plus large, l’approche proposée permettra de mettre en évidence les dynamiques internes du Bassin caraïbe, faisant apparaître les déséquilibres régionaux, la faible connexité des réseaux dans cet espace et les spécificités des économies. Enfin, l’on ne saurait négliger les transports au sein de l’espace atlantique qui supporte le caractère fortement extraverti des sociétés antillaises depuis la colonisation. Dans un second temps, au-delà de la mise en lumière des moyens de transports, une attention toute particulière sera portée, aux différentes échelles, à l’analyse des échanges qui en découlent, notamment dans le contexte des mondialisations (du XVIe au XXIe siècle). Ainsi, les différentes formes de circulations des personnes seront interrogées (peuplements, migrations, colonisations, déportations, diasporas, tourisme, etc.). Par la mise en contact des cultures qu’elles autorisent, provoquent, contraignent elles sont également la source d’échanges d’idées et de concepts. Il ne faudra pas négliger le rôle dans ce domaine des acteurs de la mise en oeuvre de ces réseaux, à toutes les époques (gens de mers, personnels navigants, chauffeurs, colporteurs, compagnies de transport, aménageurs, etc.). Enfin, le regard porté ne peut faire évidemment l’économie de l’analyse de la circulation des biens matériels. La logique impériale coloniale, qui a fortement orienté la structure de ces échanges dans l’espace caraïbe, reste encore prégnante, malgré les mutations contemporaines liées aux politiques de déréglementation des transports ou aux tentatives d’intégration économique régionale. Il s’agira aussi d’évaluer l’impact d’autres phénomènes présents sur le temps long, tels le cabotage, la contrebande ou la piraterie.

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