AXE 4 : Territorialisation, Patrimoine, patrimonialisation et processus mémoriaux

Les présences et résonances du passé dans les quotidiens (patrimonialisation, constructions mémorielles, luttes de reconnaissance, etc.) sont tout particulièrement inscrites dans le présent, contribuant aux processus en devenir de la territorialisation. Il s’agira ainsi de travailler sur les processus sociaux fondant ces modes de relation à l’espace, à l’environnement et au passé (territorialisation, patrimonialisation, mémoire) ainsi que sur les éléments supportant matériellement les mécanismes de cette relation sensible (patrimoine culturel et naturel). L’étude des mécanismes de patrimonialisation et de territorialisation, processus dont la relation étroite n’est plus à démontrer, s’inscrit forcément dans un croisement des approches disciplinaires (géographie, histoire, anthropologie, sociologie) qui constitue toute la richesse de ce champ thématique. La mobilisation de cette diversité d’approches permet seule d’explorer les complexes jeux d’acteurs et d’échelles qui construisent ces liens. La mise en lumière de ces mécanismes et des enjeux symboliques, sociaux, économiques, politiques et mémoriels qui sous-tendent ces processus de sélection et de valorisation permet d’éclairer l’évolution des constructions identitaires dans un espace antillais où cette question reste au coeur des débats. Au-delà (ou plutôt en-deçà) de la question identitaire, l’analyse des termes du dialogue entre les mécanismes légaux et institutionnels et les processus sociaux participant de la patrimonialisation a elle aussi une valeur toute particulière du fait de la situation postcoloniale particulière des Antilles et de la Guyane Françaises au sein de la Caraïbe. Il est bien évident que ces analyses ne sauraient faire l’économie d’une étude des éléments matériels et immatériels, culturels et naturels qui constituent les objets du patrimoine. La valorisation des résultats de ces travaux est envisagée à deux niveaux. Premièrement, ils devraient être une aide essentielle à la mise en place de politiques de protections réellement adaptées au contexte (environnemental, historique et social) régional. Deuxièmement, le patrimoine n’est pas toujours reconnu par les décideurs pour sa valeur sociale et symbolique et l’idée de valorisation du patrimoine est souvent envisagée sous des angles économiques et politiques. Dans les Antilles cette exploitation économique du patrimoine prend deux formes principales : la valorisation à des fins médicales (et cosmétiques) de la biodiversité et surtout le tourisme. Nos travaux devraient permettre d’orienter les modalités d’exploitation économique du patrimoine dans le cadre d’un véritable processus de valorisation respectueux de sa valeur écologique, sociale et symbolique et d’interroger les transformations du rapport au patrimoine engendrées par la valorisation. L’enjeu est aussi d’assurer une véritable durabilité du processus par une analyse croisée des capacités de charge écologiques et sociales du milieu.

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