L’implication des images des saints dynastiques dans le processus politique, à la fin du Moyen Age, en Occident

Conférence
Vendredi, 1 décembre, 2017

Séminaire du laboratoire AIHP – GEODE « Représentations et pouvoirs : images et discours politiques »

1er décembre 2017 15h30-17h30

Audrey Ségard (Université des Antilles / AIHP GEODE ; Université Lille 3 / IRHIS)

Campus de Schoelcher, Salle AIHP GEODE

Résumé

Un certain nombre de maisons royales ou princières d’Europe ont cherché activement dès le XIIIe siècle à établir leur charisme surnaturel en se prévalant de descendre d’une beata stirps, d’une race de saints. Le culte des saints rois et reines, ou princes et princesses, s’inscrivant dans le passé familial, fut en effet utilisé comme jamais à la fin du Moyen Age par les maisons royales d’Europe. Faire valoir les saints personnages de son ascendance constituait indubitablement un gain de prestige, un facteur d’illustration, un moyen de légitimation : posséder un saint ancêtre, c’était bénéficier d’un protecteur céleste, d’un garant de la réussite terrestre. Ce fait, soulignant la supériorité de nature liée au sang, donnait donc une base religieuse à la domination politique. Les entreprises médiévales de légitimation du pouvoir politique se fondaient fréquemment sur deux types de modèles glorieux : la référence au monde biblique vétérotestamentaire et le renvoi au héros antique. Avec le recours à des saints proches dans le temps, on quittait les domaines de l’épopée, du mythe, ou de l’histoire lointaine, pour une autre démarche : l’exaltation de figures qui, par leur proximité sociale autant que symbolique, pouvaient être prises par tous comme des modèles plus accessibles.  Cette sensibilité pour mener une véritable « politique de la sainteté » s’exprima à la perfection dans le domaine des arts. La sainteté des saints dynastiques était énoncée, en même temps qu’elle était façonnée par l’art, production culturelle impliquée dans le processus politique. Nous aborderons ainsi quelques formules iconographiques employées par les grands pour célébrer ce concept de beata stirps, ce qui nous permettra de vérifier combien l’histoire de l’art apporte sa contribution à l'histoire des idées.

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